Avec l’invasion de la Russie en Ukraine, nous avons cru pertinent de vous partager un bref commentaire sur la volatilité historique lors des périodes de conflits. L’histoire montre que certains conflits ont été plus difficiles que d’autres pour les marchés, mais dans l’ensemble, les marchés donnent un rendement positif dans 75% des cas l’année qui suit le début du conflit.

L’achat de placements durant le conflit représente historiquement une belle opportunité à court terme de profiter du creux des marchés :

La Russie conserve un levier important contre l’Occident

Quelle que soit l’issue, nous pensons qu’il est important de se rappeler que la Russie dispose actuellement d’un levier important contre l’Occident et joue un rôle essentiel dans la chaîne d’approvisionnement mondiale au-delà du pétrole et du gaz. L’État russe détient une participation importante dans VSMPO- AVISMA, une entreprise russe qui représente plus de 30 % de la production mondiale de titane. Cette société produit environ 65 % de la consommation de titane d’Airbus, 35 % de celle de Boeing et la totalité de celle de la société brésilienne Embraer.

L’influence de la Russie ne se limite pas aux produits de base produits à l’intérieur de ses frontières. Moscou conserve une énorme influence dans d’autres États post-soviétiques, dont la Biélorussie et le Kazakhstan. La Biélorussie n’est pas seulement un important producteur de potasse et d’autres denrées, mais il abrite également le siège de BelAz, un fabricant, de l’époque soviétique, des plus gros camions lourds du monde qui sont utilisés dans les mines du monde entier. Le Kazakhstan est un acteur central sur de nombreux marchés de matières premières et possède les plus grandes réserves de zinc, de tungstène et de barytine au monde. Le Kazakhstan représente, également, près d’un quart de la production mondiale d’uranium et possède les deuxièmes plus grandes réserves au monde.

Nous pensons que les marchés sous-estiment peut-être le rôle de la Russie dans ces chaînes d’approvisionnement mondiales. Nous suivrons de près l’évolution de la situation dans ce domaine. Si vous souhaitez approfondir ce sujet, vous pouvez consulter l’article (anglais) d’Hassan Malik, Analyste senior en matière de souveraineté, « Consider the Less Obvious Dependencies on Russia ».

Une invasion partielle ou totale?

Une invasion partielle

Dans ce scénario, nous pensons que les États-Unis appliqueront probablement certaines sanctions à la Russie. La réponse européenne potentielle est moins claire car de nombreux pays européens ont des intérêts économiques en Russie et souhaitent des relations constructives avec le pays.

Nous pensons que les marchés auront une forte réaction de prise de risque, puis se normaliseraient rapidement une fois qu’il sera clair qu’une invasion complète n’est pas en cours. Nous nous attendons  à une reprise de courte durée des obligations du Trésor américain et du dollar américain. Selon nous, l’euro pourrait être légèrement touché par le sentiment de risque, mais les fondamentaux de la monnaie  devraient le soutenir à plus long terme. Les prix de l’énergie devraient s’envoler, avec une hausse supplémentaire si l’énergie est incluse dans les sanctions. Dans ce scénario, nous pensons que la Réserve  Fédérale et la Banque Centrale Européenne maintiendraient le cap, en supprimant prudemment l’accommodation financière.

Une invasion totale

Si la Russie lance une invasion complète de l’Ukraine, nous nous attendons à des sanctions plus sévères de la part des États-Unis et de l’OTAN. Aux États-Unis, nous pensons que le Congrès s’écarterait probablement du budget « Build Back Better » en faveur d’un accord bipartisan qui augmenterait les dépenses militaires et de cybersécurité, y compris une éventuelle hausse des impôts.

Nous pensons que les marchés auront une forte réaction de repli sur le risque, avec une fuite vers des actifs perçus comme des « valeurs sûres », tels que les obligations du Trésor américain et le dollar américain. L’euro sera probablement touché temporairement. Selon nous, une invasion complète déclencherait une forte hausse des prix de l’énergie. Nous voyons également un impact possible sur les prix de l’aluminium, du titane et de l’uranium si la Russie utilise ces matières premières comme levier contre l’Occident.

Dans ce scénario, nous pensons que la Fed pourrait retarder temporairement sa première hausse de taux. La BCE pourrait intensifier ses achats d’obligations en cas d’impact sur les spreads de crédit, mais toute action serait, selon nous, le résultat du comportement du marché plutôt que d’une détérioration fondamentale.

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